News: Raúl : « Le respect est enraciné en moi »

Lundi 17 juin 2019 15.48 HEC

De « footballeur dans le ventre de ma mère » à superstar célèbre, reconnue dans le monde entier...

La carrière footballistique de Raúl González a été marquée par des succès extraordinaires et une notoriété durable. Elle est aussi un exemple éclatant de la capacité d’une personne à respecter les valeurs du football et à ne jamais oublier ses racines, non seulement sur le chemin qui mène au plus haut niveau, mais aussi une fois parvenue au sommet.

Durant ses seize ans de carrière au Real Madrid, Raúl a joué un rôle emblématique. Cet attaquant instinctif et dangereux a ainsi, d'une part, inscrit 323 buts en 741 participations, un record, pour le club de la capitale espagnole ; d’autre part, il a été sélectionné à 102 reprises pour l’Espagne, marquant 44 buts. Cette semaine, il s’est rendu à Minsk comme invité d'honneur de la Conférence sur le football de base de l’UEFA organisée dans la capitale du Bélarus.

Le triple vainqueur de l’UEFA Champions League et sextuple champion de La Liga, un gagnant né, qui a reçu une multitude de prix et de distinctions personnelles, a partagé avec humilité les souvenirs de son époque en football de base et présenté des aspects fascinants de son ascension dans ce sport.

« Je pense que j’ai commencé à jouer au football avant même ma naissance », a-t-il expliqué aux délégués du football de base de toute l’Europe au cours d’un entretien d’une heure, suivi d’une séance de questions-réponses. « J’ai plein de souvenirs ... en particulier celui d’avoir joué au ballon aussi loin que je me souvienne. »

Après avoir travaillé comme entraîneur d’équipes juniors du Real Madrid, Raúl, aujourd’hui âgé de 41 ans, entraîne actuellement la deuxième équipe du club. Selon lui, le football de base a énormément changé depuis que, petit garçon, il s’est pris de passion pour le ballon rond à San Cristóbal, en périphérie de Madrid. « Il n’y avait pas d’écoles de football, les gens jouaient dans les parcs et les rues, à l’école, pendant la récréation et sur la place de jeu, et puis ils sortaient et allaient jouer avec les copains. 

» On avait toujours un ballon de football à la maison. Jusqu’à l’âge de onze ans, j’ai appris le football dans la rue, avec des amis », a-t-il ajouté. « Si, à un moment ou à un autre, personne n’était là pour jouer avec moi, je tirais le ballon contre le mur. Le mur a toujours été mon meilleur ami. Si j’envoyais un bon tir, le ballon revenait vers moi, alors que si je tirais mal, je devais aller le chercher. »

Raúl s’est vite rendu compte que sa passion pour ce sport ne le quitterait jamais. « Je voulais être footballeur ; je regardais la TV et écoutais la radio et j’essayais de faire ce que le commentateur décrivait sur les ondes. » Il a intégré son premier club à onze ans, grâce à des parents compréhensifs et aux encouragements de ses amis.

» Mon père était électricien. Ma famille faisait partie de la classe ouvrière. Il m’a accompagné tout au long de mes premières années en m’amenant aux matches et en me soutenant. Il était exigeant, mais il m’encourageait toujours. La famille constitue un important soutien. 

Raúl peut se targuer de ne jamais avoir été expulsé durant sa carrière. À Minsk, il a souligné que certaines valeurs lui ont été inculquées lorsqu’il a intégré son premier club. « C’était un groupe sympathique et positif, et j’ai donc rapidement acquis toutes les bonnes valeurs d’un sport d’équipe : le respect, la générosité, le travail d’équipe, le soutien aux coéquipiers, le respect des adversaires, le respect de l’arbitre. »

« J’ai toujours essayé d’être respectueux », a-t-il insisté. « J’ai essayé de vivre les valeurs que j’avais acquises très jeune. Il est évident que j’ai toujours été passionné par ce que je fais, mais j’essaie de respecter les autres. C’est ce que le football m’a enseigné. 

Raúl a déclaré au public réuni à Minsk que c’est la passion, plutôt qu’un talent exceptionnel, qui a été déterminante pour son ascension vers le sommet. « C’est la passion qui a été mon moteur dans la vie, car je ne me considérais pas comme le joueur le plus talentueux, a-t-il expliqué. « Le talent ne fait pas tout...il faut vraiment être passionné ».

Raúl a relevé l’importance du futsal pour le développement de ses capacités techniques, qui a eu un grand impact sur sa carrière footballistique. « Je trouvais ça très bien pour la coordination et l’agilité », s’est-il rappelé. « J’ai beaucoup joué au futsal et je peux vous dire qu'un bon nombre des buts que j’ai marqués en football étaient le fruit de ma pratique du futsal : les réflexes, les espaces restreints... » 

Les entraîneurs de jeunes enfants, a ajouté Raúl, doivent être dotés de qualités particulières et d'une formation spécifique pour s’occuper de leurs protégés. « Les enfants doivent apprendre à s’amuser et à faire preuve des valeurs dont ils ont besoin pour jouer dans une équipe : l’esprit de camaraderie, la solidarité, l’altruisme et la confiance nécessaire pour affronter le monde et pouvoir vraiment être eux-mêmes. Je pense que le football comprend aussi un devoir éducatif envers les plus jeunes. En tant qu’entraîneur, la responsabilité dans l’éducation des enfants est donc tout aussi lourde que celle des parents.

Raúl a encouragé les responsables et les entraîneurs du football de base à continuer leur remarquable travail et à persévérer dans leur engagement. Il les a exhortés à aider les enfants, en particulier ceux qui ont du potentiel, à poursuivre les mêmes rêves qu’il nourrissait lorsqu’il tirait son ballon contre le mur, quand il était petit. 

« J’avais un objectif très clair : devenir footballeur et faire carrière. Je me sens privilégié d’avoir pu réaliser mes rêves, et j’encourage tous les garçons et les filles à travailler dur et à se battre pour leurs propres rêves. »