News: Une compétition pleine d'espoirs

Dimanche 16 juin 2019 5.01 HEC

Manuel Neuer, Mesut Özil, Sami Khedira, David De Gea, Juan Mata, Alvaro Morata… Un coup d’oeil à la liste des grands joueurs ayant remporté le Championnat d’Europe M21 au cours des 10 dernières années suffit à prendre conscience de la compétitivité de l’épreuve.

Le Championnat d’Europe M21 est donc une compétition parfaitement intégrée dans le paysage du football européen et représente un rendez-vous majeur pour les plus grands espoirs du continent. Mais il n’en a pas toujours été ainsi… Difficile en effet d’imaginer à quel point l’histoire de la compétition a été mouvementée, avec presque autant de formules que d’éditions. Au palmarès officiel de l’épreuve, la Yougoslavie est présentée comme la gagnante de la première compétition européenne des moins de 21 ans, en 1978. Mais la genèse de l’épreuve remonte en fait plus d’une décennie plus tôt, en 1966.

La formule choisie, il faut bien le dire, est assez étonnante, mais elle s‘explique par le souci de ne pas alourdir un calendrier déjà surchargé : la République démocratique allemande et la Bulgarie sont désignées par tirage au sort pour disputer sur un seul match la première édition de cette nouvelle compétition. Le match a lieu le 7 juin 1967. La Bulgarie l’emporte 3-2 et est sacrée première championne de la « Coupe Challenge », à laquelle n’ont donc participé que deux des 17 associations inscrites…

La suite est tout aussi surprenante : forte de son titre de championne, la Bulgarie se voit attribuer un « challenger », choisi par tirage au sort et chargé d’essayer de lui ravir le trophée, sur un match, sur le territoire bulgare.

Des Yougoslaves qui défendront également victorieusement leur titre à trois reprises, en 1969 et 1970, contre l’Espagne, la Suède et la Grèce. Le match Grèce-Yougoslavie, disputé à Athènes le 24 mars 1970, marque la fin de la « Coupe Challenge », car lors de la Conférence des présidents des associations membres de 1969, en Suisse, l’UEFA a décidé sa transformation en une véritable compétition, toujours destinée aux joueurs de moins de 23 ans, se jouant tous les deux ans et portant le nom de Compétition européenne pour équipes représentatives « Espoirs ».

Ainsi assiste-t-on, entre 1976 et 1978, à la première édition de cette compétition M21, avec une formule similaire à celle qui a été employée lors des trois dernières compétitions M23 disputées entre 1972 et 1976. L’histoire retient donc la Yougoslavie comme premier vainqueur de cette nouvelle catégorie, à l’issue d’un long parcours de 10 matches, bouclé par une double confrontation victorieuse face à la République démocratique allemande. Pour l’anecdote, le règlement autorisait à l’époque à chaque équipe d’aligner deux joueurs de plus de 21 ans, ce qui permet au Yougoslave Vahid Halilhodzic de remporter le trophée M21 à 26 ans !

La domination des pays de l’Est se poursuit lors de la deuxième édition, qui voit en 1980 la victoire de l’URSS en finale, encore face à la RDA. Après ses débuts mouvementés, le tournoi trouve son rythme de croisière et sa formule restera inchangée jusqu’en 1992, mais avec l’appellation de Championnat d’Europe des Espoirs dès l’édition 1986-88 – cela afin de souligner l’importance de l’épreuve et son rôle dans la préparation des équipes nationales A.

L’Italie commence son histoire d’amour avec la compétition en battant la Suède en 1992 – année où le tour final devient qualificatif pour le Tournoi olympique –, avant que l’UEFA ne décide de modifier la formule du Championnat d’Europe M21 à partir de 1994, en le dotant d’une phase finale. Phase de qualification et quarts de finale en matches aller-retour sont maintenus, mais les demi-finales et la finale seront dorénavant disputés, sur un match, la même semaine et dans le même pays – pour autant qu’un des qualifiés fasse acte de candidature pour l’organisation de ce tour final.

Pour l’édition 1996-98, l’UEFA procède à une petite révolution en mettant fin aux quarts de finale aller-retour, qui existaient depuis la création de la compétition, pour les intégrer au tour final, qui comprendra donc huit équipes. Autre nouveauté, celle-ci concernant les qualifications : les vainqueurs de groupes ne sont plus assurés de participer à la phase finale, deux d’entre eux devant passer par des matches de barrage. En mai 1998, c’est la Roumanie qui accueille les sept autres qualifiés pour des quarts, demi-finales et finale ainsi que des matches de classement. En finale, l’Espagne s’impose contre la Grèce.

Italie (2004), Pays-Bas (2006 et 2007), Allemagne (2009), Espagne (2011 et 2013) et Suède (2015) se succèdent au palmarès, avant un nouvel élargissement de la phase finale. En 2017, la Pologne a en effet accueilli un tournoi final avec 12 qualifiés répartis en trois groupes de quatre équipes. En plus des premiers de chaque groupe, le meilleur deuxième était qualifié en demi-finales, et c’est avec ce statut de meilleur deuxième que l’Allemagne est parvenue à se faufiler en demi-finales avant de remporter la finale face à l’Espagne.

À noter que l’élargissement du nombre de participants à la phase finale a modifié la formule des qualifications : les premiers de groupe sont à nouveau qualifiés, les quatre meilleurs deuxièmes devant passer par des matches de barrage. La formule est conservée pour la phase finale 2019, qui va se dérouler en Italie et à Saint-Marin, du 16 au 30 juin.